<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Ops on Zwindler's Reflection</title><link>https://blog.zwindler.fr/tags/ops/</link><description>Recent content in Ops on Zwindler's Reflection</description><generator>Hugo -- gohugo.io</generator><language>fr-fr</language><copyright>Licensed under CC BY-SA 4.0</copyright><lastBuildDate>Fri, 15 Aug 2025 12:00:00 +0200</lastBuildDate><atom:link href="https://blog.zwindler.fr/tags/ops/index.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><item><title>Au secours, le métier d’Ops va ENCORE disparaître ! (5 ans après)</title><link>https://blog.zwindler.fr/2025/08/15/ops-disparition-suite/</link><pubDate>Fri, 15 Aug 2025 12:00:00 +0200</pubDate><guid>https://blog.zwindler.fr/2025/08/15/ops-disparition-suite/</guid><description>&lt;img src="https://blog.zwindler.fr/2020/07/charlie.webp" alt="Featured image of post Au secours, le métier d’Ops va ENCORE disparaître ! (5 ans après)" /&gt;&lt;p&gt;Note : cet article est la suite d&amp;rsquo;un long post de 2020 qui s&amp;rsquo;appelait &lt;a class="link" href="https://blog.zwindler.fr/2020/07/29/au-secours-le-metier-dops-va-disparaitre/" target="_blank" rel="noopener"
&gt;Au secours, le métier d’Ops va disparaître !&lt;/a&gt;
Je parlais notamment (mais pas que) d&amp;rsquo;une prédiction de Gartner qui annonçait la fin des ingé sto en 2025. Mais qu&amp;rsquo;en est il, maintenant qu&amp;rsquo;on y est ? Et qu&amp;rsquo;est-ce que ça dit de ce genre de prédictions ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="introduction"&gt;Introduction
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Musique de film catastrophe et voix off grave&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en 2025.
Exactement comme Gartner l&amp;rsquo;avait prédit en 2019, il est aujourd&amp;rsquo;hui impossible de trouver un emploi en tant qu’ingénieur stockage. 💀💀💀&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Pour rappel)&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;“Le cloud et l’hyperconvergence ont à ce point réduit la demande pour des spécialistes du stockage que, d’ici à cinq ans, il sera tout simplement impossible de trouver un tel profil sur le marché de l’emploi.”&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Operations &amp;amp; Cloud Strategies, Gartner, fin 2019&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;…Oh. Wait. 😵&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ça fait 5 ans que j&amp;rsquo;attends de pouvoir faire ce post 😆)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette prédiction qui semblait déjà tirée par les cheveux à l’époque… l’est encore plus aujourd’hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement il y a encore beaucoup d’ingénieurs stockage, en France et ailleurs, mais le marché regorge d’offres (des centaines sur le site de l&amp;rsquo;APEC), y compris sur d&amp;rsquo;autres techno de stockage (Ceph ? S3 ?) qui tirent la demande vers le haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n’est pas la première fois que j’entends ce genre de prophétie :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;2013 : on m’explique que je dois “vite devenir développeur” car avec l’adoption du cloud, il n’y aurait bientôt plus de sysadmins. On en rigolait alors, on en rigole toujours.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;2020-ish : le nocode allait “tuer” le développement traditionnel. Oui car tu comprends, on peut recoder Airbnb en 2 jours sans coder une ligne sur Bubble. M-D-R.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Début 2024 : un influenceur IA (sûrement un reconverti NFT ?) sur LinkedIn annonçait que GPT-4o &amp;ldquo;allait plier le game du développement&amp;rdquo; en 6 mois. Verdict : coder uniquement avec GPT-4o reste&amp;hellip; une expérience (je reste poli). On verra avec GPT-5 :trollface:&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h2 id="les-remarques-que-jai-reçues"&gt;Les remarques que j’ai reçues
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai posté une version plus courte de ce billet sur les réseaux sociaux et voilà quelques réflexions intéressantes que j&amp;rsquo;ai reçu en échange :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;“Les experts SAN ne pouvaient pas disparaître en 5 ans, ce n’était pas sérieux comme prédiction.”&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;“J’ai même l’impression que la ddemande d&amp;rsquo;experts stockage augmente, notamment parce qu&amp;rsquo;il faut aussi des experts Ceph ou S3, plus seulement NAS/SAN.”&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;“Les offres de sysadmin ‘traditionnel’ se raréfient drastiquement… mais j’imagine que le métier évolue.”&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;“Il y a 5 ans, je faisais surtout du stockage traditionnel. A mon échelle, l’hyperconvergence a effectivement changé la donne et m’a poussé à évoluer… mais ça disparaîtra peut-être un jour à son tour.”&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un poil plus complexe que mon &amp;ldquo;c&amp;rsquo;est débile comme prédiction&amp;rdquo;, je vous l&amp;rsquo;accorde volontiers 😉&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je suis totalement d’accord : le métier évolue. C&amp;rsquo;était d&amp;rsquo;ailleurs la conclusion de mon blogpost de 2020. Comme quoi je n&amp;rsquo;étais pas totalement à côté de la plaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai de dire qu&amp;rsquo;un poste de sysadmin “comme en 2013&amp;quot;, c&amp;rsquo;est devenu plus rare, surtout dans les grosses structures. Et en vrai de ce que je me souviens d&amp;rsquo;une partie de mes tâches de 2013, c&amp;rsquo;est peut être pas dommage (coucou les intalls de softs sous Windows server en déroulant des docx maison avec les mdp en dur)&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans les petites boîtes, il reste encore de la demande pour des profils plus généralistes, épaulés par plus d&amp;rsquo;outillage qu&amp;rsquo;avant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="prendre-du-recul"&gt;Prendre du recul
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Ce qui est amusant (ou agaçant ?), c’est que ces annonces de “fin du métier” reviennent régulièrement, souvent lancées par des gens pas sérieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n&amp;rsquo;est pas toujours le cas ! Ici, on est face au supposé sérieux des analystes de chez Gartner (même si les PPTs de McKinsey sont passés par là).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même si Gartner est de moins en moins unefigure d&amp;rsquo;autorité, j&amp;rsquo;aurais plutôt dit que c&amp;rsquo;était le genre d&amp;rsquo;annonces qu&amp;rsquo;un board aurait pu prendre (à tort) au sérieux. Alors que c&amp;rsquo;était évidemment cavalier comme prédiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits montrent que :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Les métiers (notamment techniques) ne disparaissent pas brutalement, ils ont plutôt tendance à muter.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Chaque vague technologique supprime des tâches répétitives… mais crée aussi de nouvelles couches de complexité. Oui, expert Kubernetes, c&amp;rsquo;est mon métier 🤣.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ceux qui connaissent le “fond” technique finissent toujours par être nécessaires, même quand la surface change.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que la GenAI est différente (en tout cas, je me le suis demandé) : pendant un temps, elle a semblé être une vraie technologie de rupture, capable de bouleverser certains métiers, et pas seulement dans la tech.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="et-dans-linfra-"&gt;Et dans l&amp;rsquo;infra ???
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;On parle très souvent des avancées récentes de la GenAI dans le code. Mais Quid de la GenAI dans administration système : fantasme ou vraie révolution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon avis est clairement que &amp;ldquo;c&amp;rsquo;est nul&amp;rdquo; aujourd&amp;rsquo;hui (oui je suis visiblement fatigué de la nuance aujourd&amp;rsquo;hui), et c&amp;rsquo;est ce que j&amp;rsquo;ai partagé à plusieurs personnes. Les réactions ont été intéressantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon avis, pourquoi ça coince ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les LLMs s’appuient sur un mélange de probabilité et du contexte fourni. Sur des sujets très spécifiques (ex : “une grosse base mélangée de docs, code et IaC pour un gros SaaS multi-tenant”), ils sortent rarement quelque chose de directement exploitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les datasets d’infra sont pauvres : la plupart des configs ou procédures ne sont pas publiques contrairement au code, donc les modèles manquent d’exemples pertinents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’infra a mille façons d’être faite, et il y a rarement de pattern adaptable à de nombreux contextes, ce qui rend la généralisation encore plus bancale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on m&amp;rsquo;a quand meme remonté quelques cas où ça marche mieux :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Génération de scripts bash, &amp;ldquo;curler&amp;rdquo; des APIs, pondre une grande quantité d&amp;rsquo;IaC (exemple avec du code Terraform) à partir de l&amp;rsquo;existant.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Investigation ponctuelle : certains m’ont cité GPT o3 ou Claude Code capables de trouver des problèmes de config que l’humain n’avait pas vus.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Automatisation de tâches pénibles ou répétitives.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Mon expérience perso :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, en “pair programming” pour construire, ça marche si on y va vraiment trèèès progressivement&amp;hellip; mais c’est lent au point que parfois je me dis que j’aurais mieux fait de le faire moi-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour du day 2 ops (debug, maintien en conditions opérationnelles, gestion d’incidents), ça reste loin du compte, même si des agents SRE commencent à pointer le bout du nez&amp;hellip; Mais j’attends encore de voir un “agent SRE” qui fait bien le job la plupart du temps&amp;hellip; sans casser la prod pendant que je dors !&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="conclusion"&gt;Conclusion
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Après plus de deux ans de hype intense, la réalité me semble plus nuancée : oui, le cloud et maintenant la GenAI commencent à chahuter nos métiers, parfois spectaculairement, mais on est loin de provoquer la disparition massive et soudaine (pas que dans la tech) de tout un pan de la tech actuelle (ex. les ingés sto).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’expérience montre que, si changement il y a, il sera progressif et laissera le temps de s’adapter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, on n’est pas encore remplacés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-être qu’un jour, une prédiction de ce genre sera juste. Mais l’histoire récente invite surtout à rester prudent… et à ne pas paniquer à chaque annonce catastrophiste.&lt;/p&gt;</description></item><item><title>Au secours, le métier d’Ops va disparaître !</title><link>https://blog.zwindler.fr/2020/07/29/au-secours-le-metier-dops-va-disparaitre/</link><pubDate>Wed, 29 Jul 2020 08:00:00 +0000</pubDate><guid>https://blog.zwindler.fr/2020/07/29/au-secours-le-metier-dops-va-disparaitre/</guid><description>&lt;img src="https://blog.zwindler.fr/2020/07/charlie.webp" alt="Featured image of post Au secours, le métier d’Ops va disparaître !" /&gt;&lt;h2 id="echo-au-post-dolivier-poncet-version-ops"&gt;Echo au post d’Olivier Poncet, version Ops
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Il y a une semaine, Olivier Poncet a posté un long article intitulé &lt;a class="link" href="https://www.emaxilde.net/posts/2020/07/18/je-fais-partie-d-une-espece-menacee-d-extinction.html" target="_blank" rel="noopener"
&gt;Je fais partie d’une espèce menacée d’extinction&lt;/a&gt;, dans lequel il raconte, entre autres choses, qu’il ne reconnaît plus son métier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous conseille d’aller le lire, il y parle de beaucoup de choses qui sont vraies pour tous les métiers de l’IT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des sujets qu’Olivier aborde est l’arrivée des magiciels, du cloud et du NoCode. Vous savez, tous ces bidules magiques qui vous promettent de pouvoir faire un business dans l’IT sans en faire (de l’IT).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;En filigrane, les développeurs sont nuls et le nocode permet de copier Airbnb en 1 week end&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;N’étant pas développeur (je bidouille du Python pour le fun), l’article a pour autant réveillé en moi un article similaire que je rumine depuis des années. Ce brouillon avec ses premières phrases traîne depuis 2016 si on en croit la date dans WordPress&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va rentrer tout de suite dans le vif du sujet : ça fait des années qu’on nous prédit la fin du métier d’Ops (ou tout autre variante, Sysadmin, NetOps, DBA, &amp;hellip;). C’est vraiment pas de bol que j’en ai fais mon métier (passion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TL;DR. je ne crois pas une seule seconde que le métier d’Ops va disparaître.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="the-end-is-nigh"&gt;The end is nigh!
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Retour en arrière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est en 2013. Je commence tout juste à être un admin correct, à savoir &lt;em&gt;à peu près&lt;/em&gt; de quoi je parle et être pertinent sur 2-3 sujets niches (&lt;a class="link" href="https://blog.zwindler.fr/recherche/?keyword=vulture" &gt;Vulture&lt;/a&gt;, &lt;a class="link" href="https://blog.zwindler.fr/recherche/?keyword=shinken" &gt;Shinken&lt;/a&gt;, &amp;hellip;). Je me décide à créer un compte Twitter pour pouvoir en discuter avec mes pairs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et là, c’est le drame. Un des premiers tweets que je lis, que je n’ai malheureusement pas su retrouver, qui disait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sysadmins, you should learn how to code quickly. With cloud adoption, you will soon be out of a job.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et c’est drôle, car c’est littéralement le pitch de l’article d’Olivier Poncet, qui a l’impression que l’industrie lui explique qu’il appartient à une espèce en voie d’extinction.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;STEVEN SPIELBERG: « You’re out of a job »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h2 id="back-to-my-tweet"&gt;Back to my tweet
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;En lisant le tweet de 2013 qui me prédisait une fin proche et douloureuse, sur le moment, je me suis dit : &amp;ldquo;comment quelqu’un qui travaille dans l’IT peut écrire un truc aussi stupide ?&amp;rdquo; (En bien moins poli).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, les années passant, il faut se rendre à l’évidence. Même dans un monde où on prône* le DevOps depuis plus de 10 ans, cette croyance est finalement assez bien ancrée dans une partie de la communauté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*Une des premières personnes que j’ai &lt;em&gt;follow&lt;/em&gt; sur Twitter, @bitfield en parle depuis 2009 et je suis sûr que d’autres en parlent depuis bien plus longtemps&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ops, ces techosses chevelus confinés au sous-sol, à la IT crowd, sont voués à disparaître.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="https://blog.zwindler.fr/2020/07/it_crowd.avif"
loading="lazy"
&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Hello IT. Have you tried turning it off and on again?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h2 id="avant-hier-lautomatisation"&gt;Avant-hier, l’automatisation
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;D’abord, on nous a promis que les Ops allaient disparaître à cause de l’automatisation de l’infrastructure.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Chef, Puppet, Ansible, &amp;hellip; plus besoin d’être un Ops pour faire de l’Ops. Je peux installer/mettre à jour des softs en quelques lignes de YAML !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans l’absolu, ouais&amp;hellip; D’ailleurs, j’ai même donné une conf à BDX.IO là-dessus, avec comme titre &amp;ldquo;&lt;a class="link" href="https://blog.zwindler.fr/2018/11/09/bdx-i-o-2018-ami-developpeur-deviens-un-ops-sans-effort-avec-ansible/" &gt;Ami développeur, deviens un ops sans effort avec Ansible&lt;/a&gt;&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c’était plus pour avoir un titre accrocheur qu’autre chose, car une fois installé, qui va gérer l’infra en cas de problème ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même pour régler un problème aussi trivial qu’un filesystem rempli par des logs, il va falloir que quelqu’un fasse de l’opérationnel : vider les logs, le temps de corriger la verbosité de l’appli&amp;hellip; Et on est bien d’accord que dans la vraie vie ça sera pas aussi simple tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est la raison pour laquelle je ne conseille pas Ansible lorsqu’un Ops junior me demande s’il peut commencer à apprendre le métier comme ça. Ansible, que j’utilise tous les jours, nécessite a minima de comprendre comment ça marche, sous le capot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est comme un mécanicien qui apprendrait uniquement à se servir de la valise et pas comment marche un moteur ou le circuit de refroidissement (attention, semi-troll).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans cette compréhension, propre à quelqu’un qui a déjà fait une fois à la main, le temps gagné lors du déploiement sera perdu 10 fois (100 fois ?) quand il y aura un bon gros plantage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="hier-le-cloud"&gt;Hier le cloud
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Quand on parle de la fin des Ops, le suspect n°1 qui revient le plus souvent est sans aucun doute le Cloud.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais c’est quoi, le Cloud ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Je vous passe la vision des non techniciens, à qui on a vendu que le cloud, c’était le stockage de leurs photos de vacances sur leur iPhone partout dans le monde. Ce n’est pas de leur faute, c’est BFMTV qui leur a dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais même dans le monde IT, pour beaucoup d’experts (autoproclamés ?), le cloud, ça se limite à une idée floue, à mi-chemin entre le SaaS et le IaaS, qu’il existe une solution magique pour tous les workloads, prête à l&amp;rsquo;emploi et à payer à l’usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions-là, c’est vrai, les Ops ne servent plus à grand-chose&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’exagère ? Il y a même une personne, de passage sur un de mes articles, qui a pris le temps de chercher l&amp;rsquo;email du blog, pour venir m’écrire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, avec la montée en puissance du cloud, comment un architecte système comme toi s’en sort, alors qu’il suffit d’un clic pour obtenir une instance système ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire aussi que les gros cloud providers n’hésitent pas à entretenir cette idée (ça les arrange !), comme par exemple dans ce Manga (officiel) édité par Microsoft Azure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="https://blog.zwindler.fr/2020/07/azure_static_web_apps.avif"
loading="lazy"
&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prend moi pour une buse, Azure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="https://blog.zwindler.fr/2020/07/azure2.avif"
loading="lazy"
&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I have no idea what it means&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a class="link" href="https://github.com/msdevjp/AzureStaticWebApps-ComicBook/blob/master/AzureStaticWebApps_Fullver.pdf" target="_blank" rel="noopener"
&gt;github.com/msdevjp/AzureStaticWebApps-ComicBook/blob/master/AzureStaticWebApps_Fullver.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h2 id="day-2-operations"&gt;Day 2 operations
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Le truc, c’est que, une fois que vous l’avez, cette &amp;ldquo;instance système&amp;rdquo; (notez le terme ultra flou), ou cette webapp vous en faites quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;La question, elle est vite répondue&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Désolé de casser vos rêves, &lt;em&gt;jeunes entrepreneurs&lt;/em&gt;. Cette solution magique fantasmée, elle n’existe pas.
Au mieux, ce qu’on appelle vulgairement &amp;ldquo;le cloud&amp;rdquo;, c’est une collection hétéroclite de services, qui, mis bout à bout, vous permettent de faire tourner votre appli. Soit.
Mais :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Personne ne va les mettre &amp;ldquo;bout à bout&amp;rdquo; pour vous.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Personne ne va s’assurer que tout fonctionne parfaitement, h24&amp;hellip;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais pas vous détailler la complexité de mon métier (maintenir en ligne des services accessibles dans le monde entier). Pour que vous puissiez appréhender le problème, il me suffit de citer cet excellent article sur la panne en cours depuis jeudi dernier chez Garmin.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a class="link" href="https://www.nakan.ch/wp/2020/07/24/indisponibilite-de-garmin-connect-chronique-dune-catastrophe/" target="_blank" rel="noopener"
&gt;www.nakan.ch/wp/2020/07/24/indisponibilite-de-garmin-connect-chronique-dune-catastrophe/&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il n’y a qu’à voir la complexité qu’une entreprise mondiale a pour remettre en ligne Garmin Connect pour comprendre que sans une armée d’Ops, ça ne peut pas marcher, même dans le cloud.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="il-y-a-carrément-des-pans-entiers-de-nos-métiers-qui-auront-disparu-en-2024"&gt;Il y a carrément des pans entiers de nos métiers qui auront disparu en 2024
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Bon&amp;hellip; venant de &lt;em&gt;so-called expert&lt;/em&gt; sur LinkedIn ou d’un visiteur sur mon blog,&amp;hellip; Admettons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais même Gartner (entreprise de conseil dans les domaines techniques) s’y met !&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a class="link" href="https://www.lemagit.fr/actualites/252476156/Stockage-les-analystes-urgent-les-ingenieurs-de-changer-de-carriere" target="_blank" rel="noopener"
&gt;Stockage : les analystes urgent les ingénieurs de changer de carrière&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le cloud et l’hyperconvergence ont à ce point réduit la demande pour des spécialistes du stockage que, d’ici à cinq ans, il sera tout simplement impossible de trouver un tel profil sur le marché de l’emploi. - Operations &amp;amp; Cloud Strategies de Gartner, fin 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Carrément. &amp;ldquo;tout simplement impossible&amp;rdquo;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gartner, nous explique, droit dans les yeux, que dans 4 ans il n’y aura plus dans le monde de baies de stockage opérées par des humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, ils vont devenir quoi les &amp;ldquo;ingé sto&amp;rdquo; ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Plus personne n’a vocation à devenir administrateur ou ingénieur en stockage. Les nouvelles générations préfèrent désormais s’orienter vers des carrières de développeurs.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aaah voilà. On y est ! Les Ops c’est &lt;em&gt;has been&lt;/em&gt;, il faut devenir Dev maintenant monsieur. On en revient au tweet du début de l’article, la boucle est bouclée, je suis moi aussi membre d’une espèce en voie d’extinction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son article &lt;a class="link" href="https://www.linkedin.com/pulse/kubernetes-pr%25C3%25A9sent-partout-visible-nulle-part-didier-girard/" target="_blank" rel="noopener"
&gt;Kubernetes présent partout, visible nulle part&lt;/a&gt;), Didier Girard le VP Engineering de SFEIR nous dit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’infrastructure est le domaine en voie de disparition. Il existe actuellement des racks d’ordinateurs dans des pièces fermées à clé, avec des lumières clignotantes et mystérieuses et beaucoup de ventilateurs qui vibrent.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On retrouve le champ lexical de l’espèce menacée, les clichés à la IT Crowd (blip, blip&amp;hellip; double blip),&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous lisez l’article, vous verrez que c’est un peu plus nuancé que cette phrase, sortie de son contexte. Mais l’image, elle, est bien présente et selon moi elle alimente dans l’inconscient collectif l’idée que les Ops vont disparaître.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="incrédulité"&gt;Incrédulité
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Je ne comprends pas que des pros (Gartner) puissent écrire des choses pareilles&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-on imaginer les équipes d’infra vont disparaître au profit du tout sur le cloud, dans un monde où il existe encore un nombre incalculable d’entreprises (banques inclues) fonctionnent encore avec ce type de systèmes informatiques avec des interfaces vert/noir 640×480 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="https://blog.zwindler.fr/2020/07/1280px-IBM_AS400.avif"
loading="lazy"
alt="https://fr.wikipedia.org/wiki/System_i#/media/Fichier:IBM_AS400.JPG"
&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si jamais il y a une transition, n’imaginez pas que ça ait lieu avant 20-30 ans (de manière progressive).&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="et-cest-pas-fini-"&gt;Et c’est pas fini !
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Et quand on pense que ça peut pas être pire, il y a toujours un esprit malin pour venir inventer autre chose&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Roulement de tambour&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant on nous vend du serverless ! Plus besoin de serveurs pour faire marcher votre code, vous l’uploadez sur Internet et à vous les millions ! Enfin débarrassé des Ops&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hum&amp;hellip; vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vrai, on est d’accord qu’il y a bien un serveur pour faire tourner votre code, hein ? Vous n’avez juste plus la main sur la façon dont il est lancé : ce serveur, il est géré par votre fournisseur de service.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Êtes vraiment sûr que cette personne vous aidera quand vous aurez un gros problème de perf, a mi-chemin entre le code (vous) et la plateforme (eux) ?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Avez-vous vraiment confiance dans le fait que l’opérateur n’analysera pas votre trafic ou les données que vous traitez ?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Êtes-vous certains que vous n’aurez jamais besoin de modifier un paramètre système ou applicatif, géré par votre hébergeur (qui pourra vous répondre : &amp;ldquo;non j’ai pas envie&amp;rdquo;) ?&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;On pourrait continuer longtemps&amp;hellip; Si le serverless, comme n’importe quel outil, a des usecases qui lui sont particulièrement favorables, les usecases où il ne vaut mieux pas en faire sont pour l’instant encore nombreux&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="toujours-plus"&gt;Toujours plus&amp;hellip;
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Et dans la courbe de la hype, on peut monter plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelque temps je vois aussi tourner des articles sur le NoOps. Si vous ne voyez pas de quoi il s’agit ce n’est pas grave, personne ne s’accorde vraiment sur ce que c’est. Moi je le vois comme l’évolution dystopique du DevOps dans laquelle les Devs ne parlent même plus avec les Ops puisqu’il n’y en a plus :-p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas encore assez hype ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de souci, je vous ajoute de l’IA et vous avez maintenant de l’AIOps&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Artificial intelligence for IT operations (AIOps) refers to the automation of IT operations tasks through artificial intelligence (AI). AIOps platforms free ITOps and drive better business outcomes, by ingesting operations data to identify and resolve issues automatically.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il ne manque plus que la blockchain et on peut crier Bingo !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais même pas argumenter, je pense que c’est du même niveau que le no-code dont nous parle Olivier Poncet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="pourquoi-tant-de-haine-"&gt;Pourquoi tant de haine ?
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Derrière ces formules chocs qui m’annoncent la fin de mon métier, se cache, je pense, une part de méconnaissance de celui-ci et une part de gloubiboulga marketing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ça ne se limite pas au métier d’administrateur système, je pense que tous les métiers avec une &amp;ldquo;fonction support&amp;rdquo; (RH, juridique, etc) ont tendances à être vus négativement par les &amp;ldquo;utilisateurs&amp;rdquo; qui les sollicitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ça s’explique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &amp;ldquo;utilisateurs&amp;rdquo; ne se préoccupent de l’infrastructure (ou autre) que quand il y a un problème. Ça génère forcément de l’agacement de tous les côtés. Les utilisateurs qui veulent qu’on les dépanne d’un côté, les admins qui doivent gérer le stress qu’on leur transmet tout en résolvant les problèmes vite mais sans empirer la situation de l’autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi les directions, qui considèrent parfois que ces fonctions &amp;ldquo;support&amp;rdquo; n’apportent pas de valeur à l’entreprise (contrairement au dev, qui développe de nouvelles features, monnayables).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le redis, ce dénigrement n’est pas limité aux admins. Tout métier &amp;ldquo;support&amp;rdquo; vit ce genre de situation, parfois injuste. Combien de fois j’ai entendu dire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les gens ne viennent que pour se plaindre, jamais nous remercier quand ça fonctionne&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h2 id="on-ne-communique-pas-super-bien-non-plus"&gt;On ne communique pas super bien non plus&amp;hellip;
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Bon, une fois que c’est dit, faut pas se voiler la face non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on est incompris, c’est peut être un peu dû au fait que la réputation des admins barbus et peu amènes n’est pas toujours injustifiée ;-).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On manque très probablement aussi de bons communicants pour expliquer notre métier, ainsi que pourquoi tout ce que je vous ai cité plus tôt, c’est &lt;em&gt;pour l’instant&lt;/em&gt; du bullshit en barre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avoir passé pas mal de temps en conf, mon opinion, c’est qu’il y a trop peu d’Ops en conf de Dev. Et pour ne rien arranger, il y a peu de conférences Ops (en France) du niveau de qualité et de diversité des sujets traités que dans les conférences de Dev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exception faite des conférences de libristes et/ou sécurité qui elles sont souvent très bien, les conférences &amp;ldquo;connues&amp;rdquo; d’Ops, c’est au mieux des retours d’expériences, au pire, l’événement d’un constructeur/éditeur (VMware, Microsoft, whatever). Dans ces dernières, on ne parle de rien d’autre que des nouveaux produits géniaux dudit constructeur/éditeur (SAP 29, Exchange 730)&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de quoi intéresser un développeur, encore moins un manager.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="jai-rien-prévu-pour-demain-mais-cest-déjà-bien-dy-penser"&gt;J’ai rien prévu pour demain, mais&amp;hellip; c’est déjà bien d’y penser.
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Je vais pas me la jouer prédicateur&amp;hellip; Quand je regarde comment l’informatique a changé depuis 2010, difficile de deviner ce que sera le métier en 2030. Pour autant, je suis quand même optimiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 10 ans, on m’a promis la fin du métier d’Ops. Force est de constater qu’aujourd’hui, c’est loin d’être vrai. Je dirais même que c’est le contraire, je pense qu’on n’a jamais autant eu besoin des Ops.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c’est maintenant trivial de déployer un serveur. Du coup, beaucoup de projets informatiques qui n’auraient pas pu se lancer (ou beaucoup moins vite), faute d’Ops pour bootstraper l’infra, se lancent. Toutes les tâches &amp;ldquo;sans valeur ajoutée&amp;rdquo; disparaissent peu à peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour autant, dès qu’un projet prend de l’ampleur, la réalité revient au galop : déployer, c’est facile ; maintenir, c’est une autre paire de manche ! Le fameux &amp;ldquo;Day 2 operations&amp;rdquo; que je vous ai cité un peu plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire ! Pour palier à la pénurie d’Ops, on a tendance à mettre en place des systèmes de plus en plus complexes (loadbalancers, clusters, virtualisation, multicloud, Kubernetes pour les plus foufous). Et plus les systèmes sont complexes, plus on se rend compte qu’il faut d’Ops pour les maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="roald-dahl-à-la-rescousse"&gt;Roald Dahl à la rescousse
&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;J’ai lu quelque part une comparaison qui m’a fait sourire car ça m’a rappelé mon enfance quand je lisais du Roald Dahl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début du film de Tim Bruton Charlie à la chocolaterie, adapté du livre de Roald Dahl, le père de Charlie perd son travail à l’usine, remplacé par une machine (je sais plus si cette scène existe aussi dans le livre, sorry).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;cloud&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;l’infrastructure as code&lt;/em&gt; sont 2 moteurs qui font évoluer de manière rapide le métier d’administrateur systèmes. Une partie toujours plus importante des tâches d’hier sont en train de disparaître (doucement) : le plus simple, le plus automatisable. D’où le fantasme que le métier va disparaître.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en réalité, c’est que cela ne va pas nous conduire à &lt;em&gt;moins&lt;/em&gt; de systèmes à maintenir, mais des &lt;em&gt;systèmes plus complexes&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du film, le père de Charlie retrouve un emploi à l’usine, en tant que réparateur de la machine qui l’a remplacé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="https://blog.zwindler.fr/2020/07/charlie_2.avif"
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&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le concède volontiers, cette comparaison est un peu triviale, mais je pense qu’il y a du vrai dans cette image, car c’est ce que je vis depuis 10 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette transition vers moins de tâches à faible valeur ajoutée va nous permettre de dégager le temps des admins pour se concentrer sur tout ce qui a vraiment de la valeur ajoutée : l’architecture, l’amélioration continue, l’expertise lors de crises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, en attendant la fin du métier d’Ops, have fun ;)&lt;/p&gt;</description></item></channel></rss>