Mais il est passé où, zwindler ? 🏴☠️
Vous avez peut-être remarqué que j’ai été (relativement aux mois derniers) un peu plus silencieux ces derniers temps sur le blog. Pas de panique, je ne suis pas (encore) parti ouvrir un foodtruck. Non, la raison est plus prosaïque : je suis retombé à fond dans la conception de modèles 3D.
Si vous avez suivi mes aventures avec MicroStack, mon rack modulaire pour mini-PC, vous savez déjà que j’ai un faible pour la modélisation et l’impression 3D. Mais cette fois, le déclencheur a été inattendu : c’est le talk “Makers de Père en Fils” de Sylvain et Matthias Gougouzian à Touraine Tech 2026 qui m’a donné envie de retenter des trucs. Dans ce talk, ils montraient notamment comment ils utilisaient TinkerCAD pour leurs projets makers en famille.
Du coup, j’ai voulu essayer TinkerCAD, dont j’avais déjà entendu parler sans jamais prendre le temps de m’y mettre. Un premier modèle, puis deux, puis… vous connaissez la suite. Je suis parti dans une direction un peu différente de MicroStack et plus fun : les “““briques””” (vous savez, celles qui sont compatibles avec les petites briques danoises bien connues 😏) et les labyrinthes paramétriques.
Note : oui bien sûr j’aurais pu juste dire LEGO. Mais c’est justement la blague : LEGO est un terme interdit sur les stores de modèles 3D (pour des problèmes de propriété intellectuelle), donc tout le monde utilise “brick”.
Castle Mound : le projet qui a tout lancé

Mon premier modèle “briques” a été une plaque de base surélevée en forme de monticule. C’est celui qui m’a fait basculer dans le rabbit hole.
Des châteaux forts LEGO dans ma jeunesse, j’en ai fait 1000 (au moins). Mais il manquait toujours ce petit côté relief, que j’aurais pu faire mais qui aurait consommé trop de briques (j’essayais de faire LE PLUS GROS château possible avec ce que j’avais, chaque brique compte).
L’idée, c’est d’ajouter de la verticalité au lieu de tout poser à plat. Le modèle propose une pyramide tronquée centrale avec des escaliers intégrés sur les quatre côtés, parfaitement dimensionnés pour les minifigurines.
Je l’ai conçu à l’origine pour servir de fondation à un château médiéval (le look classique “motte castrale”), mais ça marche très bien pour surélever une maison, une tour de guet, un manoir hanté…
Le fil rouge : OpenSCAD et le paramétrique
TinkerCAD c’est bien, mais on reste dans la conception 3D “classique” (drag & drop de formes). Même si j’ai bien aimé l’outil pour sa prise en main immédiate, j’avais envie d’essayer autre chose. En parallèle, pour le travail, on m’incite beaucoup à tester la génération de code par IA, voire l’IA agentique.
Et c’est là que j’ai redécouvert OpenSCAD : “The Programmers Solid 3D CAD Modeller”. Le principe : on ne dessine pas, on code ses modèles 3D. Et du code, ça, un LLM sait en générer…
Je me suis donc demandé si un bon modèle serait capable de produire du SCAD exploitable. J’ai pas mal itéré jusqu’à trouver un workflow cohérent :
- Rédiger une spec avec toutes les bonnes pratiques OpenSCAD (le gros du travail)
- Faire générer un premier jet par le LLM
- Générer des previews de l’objet depuis plusieurs angles
- Noter les remarques et corrections
- Itérer jusqu’à satisfaction
- Générer le STL final pour l’impression
Au-delà du côté “rigolo” de la génération par IA, l’intérêt majeur c’est que ça produit des modèles paramétriques : des variables que tout un chacun peut modifier en fonction de son besoin, directement depuis le Customizer de MakerWorld, sans toucher une ligne de code.
Parametric Circular Maze Coaster : un sous-verre qui se résout

Premier projet (hors POC) avec OpenSCAD et probablement le plus nerdy de tous : un générateur de labyrinthes circulaires paramétriques, sous forme de sous-verre.
Le principe : chaque valeur de seed génère un labyrinthe unique. Vous pouvez imprimer un set identique pour votre table basse, ou changer le seed à chaque impression pour avoir une collection unique. Tout est paramétrique :
- Diamètre et épaisseur : du porte-clés au labyrinthe mural géant
- Complexité : ajustez le nombre d’anneaux concentriques pour aller de “facile” à “expert”
- Dimensions des murs : jouez sur la hauteur et l’épaisseur pour différents effets visuels

Ce projet est sous licence CC-BY-NC, avec le code OpenSCAD en opensource. Si vous voulez l’adapter, le modifier, ou juste comprendre comment on génère un labyrinthe procéduralement… le code est là !
Pirate’s Cove : nostalgie des années 90

Une fois le Castle Mound terminé, et OpenSCAD pris en main avec le LLM, j’ai voulu pousser le concept plus loin. Si comme moi vous avez grandi avec les sets LEGO Pirates des années 90, vous allez comprendre immédiatement l’inspiration.
J’ai modélisé une baseplate 24x24 “Pirate’s Cove”, fortement inspirée de l’iconique 6267 Lagoon Lock-up et de 6265 Sabre Island.
C’est une île complète avec une transition entre la mer (bleu profond) et la plage (sable), soit en simple pause d’impression, soit en utilisant l’AMS pour un rendu multicolore.
Pour le Castle Mound, je m’étais basé sur des alignements de studs (tenons en bon français) faits par d’autres concepteurs 3D. Là, j’ai dû tout refaire moi-même et pas mal itérer pour trouver les bonnes valeurs : chaque stud doit être juste assez gros pour que les briques s’emboîtent bien, et ça dépend du filament et de sa calibration.
Le modèle fait 24x24 studs (192x192mm), soit une taille comparable aux sets des années 90. C’est le projet qui m’a pris le plus de temps (et de plaisir) de toute la série, et il y a un potentiel “infini” ici, car contrairement à la base surélevée pour le château, comme c’est du code, j’ai la possibilité de faire tout un archipel modulaire (c’était l’idée initiale derrière le projet).
Pas sûr que j’en arrive là cela dit, mais c’est une possibilité.
Brick Filament Swatch : organisez votre collection

Celui-ci, c’est le projet utilitaire de la série. Ça m’a permis d’expérimenter l’empilement (anti-studs) et l’impression de briques “creuses”. C’était intéressant à concevoir (anti-studs, orientation du filament pour les ponts, zone de transparence) mais probablement pas très intéressant à raconter.
Le lien pour les swatches de filament en forme de brique.
Et la suite ?
Promis, je n’abandonne pas le blog pour autant. J’ai toujours des articles tech en préparation (notamment un gros side project abandonné il y a 5 ans).
(Quel teasing incroyable)
